Aujourd’hui je souhaite écrire sur mon coup de cœur pour le travail de Jung Da Yoon, la fleuriste derrière Aulling Atelier dont le travail mêle art floral traditionnel coréen et influences européennes.
J’ai eu la chance de participer au workshop qu’elle a animé en octobre à Paris aux côtés de Clementine de Peonies !
Direction la Place des Vosges à Paris où j’ai rendez-vous pour deux jours de grandes découvertes !
Jung Da Yoon, qui se fait appeler Chloé, a commencé par nous présenter en quelques mots son parcours et sa façon de travailler en nous parlant rapidement de l’histoire de l’art floral coréen.
Ce que j’ai appris c’est que celui-ci est influencé par le paysage du pays qui n’est pas plat du tout mais plein de petits monts et vallées, et ce relief, nous allons le retrouver dans les compositions florales, petites et grandes. Elle parle de wave et de flow, de vague, de mouvement, de profondeur et d’espace négatif c’est-à-dire d’espaces laissés volontairement vides. Aussi, c’est à cela qu’elle va penser en premier lorsqu’elle réalise un décor. Elle pense l’espace, le volume, la forme de ce qu’elle souhaite créer.
Elle nous parle ensuite des couleurs. Essentielles pour elle, souvent variées et pleines de nuances, c’est vraiment une des priorités de ses créations : avoir une palette de couleurs bien riche qui ne se limite pas à deux ou trois tons et qui seront travaillées par masse ou en petit groupe afin de bien valoriser chacune d’entre elles.
Elle nous explique après, que le choix des fleurs vient en dernier, sur ce point je la rejoins, et que ce sont vraiment les formes et les couleurs qui vont orienter son choix de fleurs.
Nous passons ensuite à l’action !
Une petite composition, sans mousse florale, dans les tons roses et le défi d’utiliser des radis, du raisin et des groseilles. Elle nous montre sa façon de faire et nous encourage à ne pas reproduire ce qu’elle fait mais à s’en inspirer pour trouver le parfait mélange avec notre propre style. Et c’était vraiment hyper stimulant. J’ai bien compris que pour mettre en valeur chaque élément les creux et les bosses sont vraiment indispensables. Je vous mets une petite photo de ma compo pour vous faire une idée du rendu ! J’aime beaucoup mes petits radis qui pointent leurs nez au milieu de ma compo !
Le deuxième jour nous avons travaillé en groupe sur un grand décor sous les arcades de la place des Vosges, c’était grandiose !
Chloé a insisté sur la nécessaire collaboration et observation de chacun des participants pour avoir un rendu global cohérent et beau, tout simplement !
Là aussi nous avons travaillé par masse et sans mousse florale ! L’idée étant de faire des rappels de couleurs à différents endroits du décor et pour cela nous avons positionné quelques petites boules de grillage à droite et à gauche pour y mettre quelques fleurs de façon éparse pour un rappel de couleur et un rendu pas trop massif malgré le travail par masse. C’est si simple mais je n’y avais jamais pensé !
Pour bien réaliser le grand décor, Chloé a insisté sur le fait que dans l’art floral coréen, contrairement à ce que l’on voit parfois avec le kenzan japonais, les fleurs ne partent pas toutes d’un même point, elles ont des points d’ancrage multiples, comme on pourrait le voir dans la nature.
J’ai donc appris beaucoup de choses et j’ai énormément apprécié le fait que ce soit un workshop à la fois technique et artistique puisque le souhait de Chloé est que ses décors suscitent de l’émotion. C’est évidemment ce que je souhaite aussi, notamment lors des mariages.
Alors, quelles émotions créent en vous ce grand décor ?
Aglaé
Aglaé HAMONIC
Fleuriste événementiel à Paris, enseignante et curieuse passionnée par le renouveau de la fleur française. À travers ce blog, je partage mon immersion dans le monde de la floriculture lente : ses producteurs, ses saisons, ses enjeux, et la beauté discrète de ce qui pousse ici.
Autres articles

Pourquoi est-ce que l’on parle tant des roses au moment de la Saint Valentin ?
La rose en hiver en France, pourquoi est-ce un problème? Pourquoi est-ce que l’on parle tant des roses au moment de la Saint Valentin ?

Comment devenir une fleuriste responsable ?
Mode ou prise de conscience globale? Quelles sont les bonnes pratiques en fleuristerie? Est-ce un sujet qui m’interpelle davantage maintenant que je me lance en